Biohacking ou la quête de l’éternelle jeunesse
- Texier Aurelie
- 14 févr. 2025
- 5 min de lecture

Très en vogue en ce moment et avec une croissance prévue de 20,31% d’ici 2029, le phénomène « Biohacking » commence même à inonder les réseaux sociaux. La promesse du « Biohacking » est merveilleuse : vivre plus beau, plus longtemps et en pleine santé, en optimisant son corps et son esprit. On a toutes et tous rêvé de ne pas vieillir, imaginer être capables de contrer les signes du temps. On espère gommer cette petite ride par-là grâce à une crème anti-âge ; ou retonifier notre corps grâce à des séances d’électrostimulation ou de musculation « en série ». Avoir des capacités intellectuelles intactes à celles de nos 20 ans… Mais, certains vont plus loin que l’imaginer, ils adoptent de nouvelles « bonnes routines » de biohacker pour attaquer le problème plus en profondeur. Quid des méthodes, de leur efficacité et des problèmes d’éthique qu’elles entraînent ?
Définition
Cet anglicisme représente une méthode qui vise à optimiser les capacités humaines à travers des routines très strictes. Si on découpe le mot, on comprend qu’il est composé de « bio » (vie en grec ancien) et de « hacking » (pirater en anglais). Ou comment modifier ou détourner certaines fonctions de l’organisme pour améliorer son état physiologique. Une autre définition adéquate du concept serait : la biologie participative.
Plusieurs techniques peuvent être adoptées ensemble ou séparément.
Les fausses bonnes idées !
Supprimer le glucose de son alimentation.
Plusieurs ouvrages dont celui de l’auteur française « Jessie Inchauspé » : « Glucose Goddess » qualifient le glucose comme l’ennemi public numéro 1. Ils préconisent de supprimer les nombreux aliments qui en sont composés (pain, pâtes, fruits sauf certains…) et de les remplacer par une boîte de 60 gélules assez onéreuse (50 à 60€ en moyenne). Pilules qui en échange d’une privation totale de sucre supprimeraient les fringales occasionnées par le régime « sugar free ». En plus des compléments alimentaires miracles, il serait conseillé de se munir d’un capteur de glycémie qui grâce à une aiguille mesure les pics de glycémie au fil de la journée. Je simplifie à l’excès, volontairement, mais cette pratique dérivée du biohacking n’est pas à suivre.
Les méfaits ?
Les spécialistes dénoncent ces tendances dangereuses (plutôt basées sur l’ultraprofitabilité générée par la vente des compléments alimentaires). Et, ces régimes à la mode ne se basent sur aucun fondement scientifique. De plus, l'utilisation du capteur de glycémie fait polémique puisqu’il est destiné aux départs à des personnes souffrant de diabète et non à un public en bonne santé. Ce capteur après la sortie de « Glucose Goddess » est le chouchou des influenceurs qui rendent son utilisation virale. Outre ces problématiques, les régimes peuvent entraîner des compulsions alimentaires et entraîner d’autres troubles comme l’anorexie, boulimie…
Et si on ne mangeait que des légumes et des produits non transformés comme Julie Gibson Clark, 55 ans ?
Ce régime, mis en avant sur les réseaux sociaux par Julie Gibson Clark, lui a permis de retrouver un corps de 38 ans !
Donc, en ne mangeant que des légumes et en prenant des compléments alimentaires comme Julie, on pourrait retrouver un corps 17 ans plus jeune ?
Les méfaits ?
Les mêmes qu’en supprimant tout aliment contenant du sucre, des carences et des problèmes de santé et addictions.
Et le jeûne intermittent ?
L’un des premiers à l’avoir adopté est le fondateur de twitter Jack Dorsey. Ce dernier ne mange qu’un repas par jour et jeûne totalement une fois par semaine. Selon certaines sources, qui restent à vérifier, le jeûne intermittent permettrait d’augmenter l’énergie des cellules et favoriserait la clarté mentale. Il est fortement conseillé de se faire accompagner d’un nutritionniste avant de se lancer.
Comment s’y retrouver pour suivre les principes du biohacking ?
Quelques techniques intéressantes peuvent être adoptées, car elles sont essentielles, mais aussi simples à appliquer. Simple comme bonjour même : alimentation saine, exercice physique quotidien et veiller à avoir un bon sommeil. Ces bonnes pratiques ne pourront que contribuer à nos performances mentales, intellectuelles, à notre concentration et à une meilleure qualité de vie.
Les grands concepts :
- Suivre une alimentation équilibrée, comme l’alimentation cétogène qui permet de puiser dans les réserves (basés sur des cibles alimentaires, le jeûne intermittent, la consommation de certaines épices ou de plantes). Ou encore, l’alimentation méditerranéenne variée qui permet de suivre des menus riches en fruits et légumes, huile d’olive, protéines de bonne qualité, poissons riches en oméga 3, viandes blanches et œufs. Il s’agit de trouver la bonne recette pour vous. Favoriser les aliments entiers non transformés.
- Faire des cures de soleil (en moyenne 1h) pour favoriser la production de vitamine D ; ou s’exposer à la lumière naturelle au lever ou au coucher du soleil. Les séances de luminothérapie sont aussi conseillées.
- Maîtriser son sommeil : en évitant les lumières bleues le soir, pour développer son système immunitaire, son énergie et un mental plus fort.
- Couper les portables plus souvent, pour diminuer stress et baisse de productivité. On évite ainsi les lumières bleues qui perturbent le sommeil.
- Boire de l’eau tiède citronnée au réveil pour stimuler notre système immunitaire et de l’eau filtrée toute la journée.
- Réduire sa consommation de sucre et de sels ainsi que les produits transformés (mais sans supprimer tout apport de sucre ou de sel. Le juste milieu…).
- Faire des activités : sport, yoga, méditation de pleine conscience, respiration, pour favoriser le bien-être mental et physique.
- Pratiquer des séances de chaud et froid : cryothérapie, sauna, hammam, réputés comme étant bons pour la santé. Dans la même catégorie, les bains et douches froides favorisent la régénération musculaire.
- S’automasser grâce à des mouvements simples pour renforcer le système immunitaire, rééquilibrer son corps. Comment ? En effectuant, du bout des doigts, des mouvements circulaires doux le long du corps.
- Pour les femmes, adapter son alimentation à ses cycles menstruels. Par exemple, consommer des acides gras pour favoriser la sécrétion hormonale et réguler le cycle. C’est au moment même de la sécrétion hormonale qu’il ne faut pas redouter les bonnes graisses. Elles sont bénéfiques pour la santé.
- Des compléments alimentaires ? Oui, s’ils sont riches en acides aminés pour favoriser notre développement musculaire et la récupération. Mais avant tout, on demande conseil à son médecin qui aura diagnostiqué suite à une analyse de sang, d’éventuelles carences. La nutrigénomique permet aussi à partir des analyses biologiques de déterminer quelle alimentation choisir selon son métabolisme. On pourra aussi se booster grâce des compléments naturels stimulants, comme le thé vert, le guarana ou la rhodiala. Sinon, les pro et prébiotiques sont utiles pour réguler le système digestif.
- Pratiquer des exercices de cohérences cardiaques, pour favoriser le calme intérieur, tout comme les exercices de respiration.
- Utiliser des suppléments nootropiques pour améliorer les fonctions cognitives, comme la mémoire et la concentration.
Chacun peut être un biohacker, il s’agit seulement de s’en servir de la bonne manière.
Et demain alors ?
On reste vigilants sur les promesses mirobolantes. Pourtant, certaines techniques de biohacking cumulées aux avancées de la médecine pourraient bien permettre de beaux développements.
Je pense, par exemple, aux :
Capteurs implantés dans le cerveau comme a pu les penser Elon Musk. Ils auraient pour but d’améliorer les capacités du cerveau et pourraient bien servir dans un cadre médical.
Médicaments qui pourraient être utilisés pour traiter la narcolepsie, par exemple.
Mais ces avancées doivent tenir compte des problèmes d’éthique. À nous de nous questionner sur les bienfaits de l’allongement de la durée de vie, si c’est pour sacrifier notre bien-être en suivant un protocole miracle…
À méditer.




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